Une vicieuse guerre civile fait rage dans les régions anglophones qui représentent vingt pour cent de ce pays d’Afrique centrale. Alors que les forces gouvernementales combattent les groupes séparatistes armés, les atrocités commises de toutes parts amènent les analystes à se demander si le tournoi ne devrait pas être reporté jusqu’à ce que les parties belligérantes décrètent un cessez-le-feu et entament des négociations de paix. 

Les services de sécurité camerounais ont récemment effectué des exercices de simulation de lutte contre le terrorisme, notamment un attentat fictif dans un stade, mais l’ombre de Munich plane sur tous les jeux proposés. Le fait que le pays ait besoin de pratiquer ces simulations avec autant de sérieux amène à se demander pourquoi la CAF autorise la tenue de la CAN dans un environnement peu sûr et sous l’autorité d’un gouvernement qui commet des crimes contre l’humanité contre ses propres citoyens.
Pour le bien de la CAN, et pour le bien des citoyens camerounais qui souffrent, la CAF devrait réfléchir attentivement à la sécurité et à la moralité de la tenue de la CAN en janvier au Cameroun, et le gouvernement camerounais devrait également le faire.

Au cours de la CAN, vingt-quatre équipes qualifiées joueront des matchs dans six sites à travers le Cameroun. Le stade de Limbe se trouve dans la zone anglophone, celui de Bafoussam en est proche, et les autres, situés dans des régions majoritairement francophones (Yaoundé, Douala et Garoua), pourraient également être vulnérables aux attaques.

Selon l’AFP et Rebecca Tinsley est une militante des droits de l’homme et une journaliste. Elle est la fondatrice de Network for Africa et de Waging Peace. Son roman le plus récent est When the Stars Fall to Earth, il existe un risque d’explosion dans tous les sites de la CAN, et plus particulièrement à Limbe. Bien que Limbe soit l’une des nombreuses villes relativement calmes des régions anglophones, elle a connu deux bombes pendant le tournoi de football CHAN en janvier dernier, dont l’une a blessé des policiers. Cela pourrait ne pas être de bon augure pour la CAN.

Un groupe séparatiste armé appelé les “Fako Action Forces” a revendiqué la responsabilité d’au moins une de ces bombes artisanales. Le même groupe a récemment été actif à Buea, la capitale de la région du Sud-Ouest et proche de Limbe. Au cours du seul mois de novembre, il a revendiqué une attaque à l’engin explosif improvisé contre l’université de Buea, qui a blessé onze étudiants, ainsi qu’une attaque contre un taxi, dont le chauffeur a été tué pour avoir défié les ordres des séparatistes de rester à la maison le lundi, en vigueur depuis cinq ans.

Compte tenu de la multiplication des attaques contre les civils, la CAF pourrait être amenée à reporter le tournoi jusqu’à ce que le régime du président Paul Biya participe à des pourparlers de paix. Biya, âgé de 88 ans, est au pouvoir depuis 1982, et les observateurs internationaux condamnent régulièrement les élections camerounaises pour leur manque de légitimité.

Nouvellevision24.com

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