Patrice Lumumba est assassiné le 17 Janvier 1961. Un crime politique perpétré au nom de la lutte contre le communisme, emblématique de la guerre froide et du néo-colonialisme. Mais peut-on assassiner des idées ?

À Kinshasa, une cérémonie officielle est organisée à la place échangeur située dans la commune de Limete. Ici, plusieurs personnalités du pays dont le Chef de l’État Félix Antoine Tshisekedi procédent au dépôt des gerbes fleurs en l’honneur de cet héros national, le président congolais a pris part à une messe organisée à la cathédrale Notre Dame du Congo en mémoire toujours de Patrice Emery Lumumba.

La vie et la mort de Lumumba

Juliana Lumumba: nous avons très vite compris la dimension politique de l’assassinat de notre père, nous en avons été les témoins dans les rues du Caire. Ce n’est que plusieurs semaines plus tard, au mois de février 1961, que la presse internationale annonce la mort de Lumumba. À New York, siège de l’ONU, l’amertume des veillées funéraires est décrite par le correspondant du journal The Observer. Selon RFI, la non-intervention des Nations unies pour protéger le Premier ministre légalement élu ne passe pas. Et le 15 février, une manifestation perturbe le Conseil de sécurité. À Kinshasa, les gens sortent dans la rue.

Selon la tradition, les femmes sont pieds et seins nus. En tête du cortège silencieux, Maman Pauline marche avec son petit Roland dans les bras pour réclamer le corps de Patrice, son mari, au chef de l’ONU. Pauline Opango a 28 ans et ne sait pas encore qu’on ne le lui rendra jamais. Elle prononce le nom de Lumumba, Son Patrice… Repris par la foule à l’autre bout du continent. Le nom de Lumumba est populaire et la clameur monte dans les rues du Caire… une foule immense dans la mémoire d’une toute petite fille. « LU-MUM-BA, LU-MUM-BA », entend Juliana sous les fenêtres de son balcon.

Mais comment expliquer à des enfants de 5, 8 et 9 ans la monstruosité des faits ? En leur montrant combien la mort de leur père suscite une colère mais aussi une profonde tristesse, afin qu’ils puissent un jour mesurer la dimension emblématique et historique de l’événement. C’est ainsi que les deux garçons accompagnés de leur père adoptif Abdel Aziz Ishak sont véhiculés par la présidence égyptienne sur les lieux mêmes des réactions. Pour voir l’ambassade de Belgique saccagée, pour voir les vitrines brisées de l’American University Library of Cairo. Juliana était souffrante mais François et Patrice lui ont raconté ce qu’ils ont vu.

B. Manda

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